Le Tango Argentin

Dernière mise à jour : 19 avr. 2019

Le tango argentin est une danse de salon d’Amérique du Sud, la musique de tango argentin est généralement lente et bien marquée. Le pas de base consiste à marcher sur les temps forts de la musique, mais contrairement aux danses qui existaient auparavant, le tango argentin est une danse d’improvisation, laissant ainsi aux danseurs la possibilité de jouer sur le rythme et d'effectuer des mouvements de jambes.


Alors que le lieu de naissance du tango est beaucoup plus certain, l’origine du mot « tango » est quant à lui plutôt incertain, car chacun à sa propre définition. On utilisait le mot "tango" au XIXème siècle en Espagne pour désigner un bâton. Le mot existe également dans certains pays africains; il est mentionné dans des documents espagnols pour parler de l'endroit où se réunissaient les esclaves noirs pour faire la fête. Certains disent que le mot proviendrait de l'incapacité des noirs africains à prononcer le mot tambour ou "tambor" en espagnol, et qui se serait transformé en "tango".


Histoire:


Le tango « rioplantesque » dit argentin voit le jour sur les rives marécageuses du Rio Plata en Amérique du Sud, dans les faubourgs de Buenos Aires en Argentine et Montevideo en Uruguay. Buenos Aires était alors en pleine croissance, dont l’immigration massive, surtout italienne et espagnol, apporta des musiques, mélodies et rythmes aussi variés que ses habitants. Tandis que les migrants européens écoutaient et dansaient des habaneras (de Cuba), polkas, mazurkas et des valses, les noirs (représentant 25% de la population à cette époque) dansaient plutôt au rythme du Candombe, plus marqué par les percussions que par la mélodie.

L’enracinement dans ce nouveau pays qu’est l’Argentine aboutit à une fusion musicale qui engendre la milonga, à cadence enlevée, puis le tango. Au début, interprété par de petits groupes de musiciens jouant du tambour, de la flûte et de la guitare, c’est le piano, le violon et le bandonéon qui composeront les trois instruments de base du tango.


Cette musique raconte des amours déçues, mais aussi les réalités sociales, souvent graves ou sarcastiques, le tango était, pour l’auteur-compositeur Discépolo « une pensée triste qui se danse ». En effet tous ces émigrés vont former une classe ouvrière déracinée, pauvre, et avec peu de moyens de communication entre eux en raison de la barrière linguistique et majoritairement masculine, environ 75% de ma population. Sous l'effet du manque de femmes, les hommes dansent entre eux en s’inspirant des leurs danses traditionnelles pour inventer des figures tout en imitant les danses locales et les danses cadencées des noirs, pour finalement donner naissance à la milonga canyengue (rythme en dialecte africain) qui devient ainsi le premier véritable style de tango dansé.


Par la suite, ils vont danser dans les maisons closes, avec les prostituées venues elles aussi d’Italie, d’Espagne, de France… Le tango est dansé de façon très corporelle, il est provocateur, explicite, c’est une danse très éloignée des mœurs puritaines de la bonne société de l’époque. D’où la réputation sulfureuse du tango dans les premiers temps, musique et danse des bas-fonds et des truands.

Au début du XXième siècle, de nombreux jeunes hommes de bonne famille sans scrupule à se rendre dans les quartiers populaires de la ville pour s’amuser et surtout à séduire facilement, découvrent le tango. Il leur est néanmoins impossible de danser cette danse, immorale aux yeux de leur classe, avec les jeunes filles de leur milieu. Cependant, les voyages de ces jeunes bourgeois en Europe et principalement en France, vont être l’élément qui va tout changer. C’est l’engouement, la Paris de la Belle Époque est prise d’une véritable frénésie pour le tango, y compris la bourgeoisie, qui s’entiche de cette danse enlacée. Et comme rien de ce qui se passe à Paris ne laisse Buenos Aires indifférent, le tango acquiert par contrecoup ses lettres de noblesse également en Argentine dans les salons mondains, où il était jusqu’alors considéré comme de mauvais goûts, de cette bourgeoisie fraîchement émancipée de la tutelle espagnole, et désireuse de faire de leur capitale le Paris de l’Amérique.